Un certain regard sur l’air du temps sentimental.

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Il y a tant d’histoires qui n’ont pas pu exister aujourd’hui. Tant de paroles pas dites, tant de chansons qu’on à l’oubliées de fredonner, tant de rêves qui explosent de tout lieu et de nulle part! Le monde va comme il va. On peut ne pas y penser, la vie passe et elle finit avec la fin. Autrement on sort des stéréotypes, on essaie de penser, on ose imaginer quelque chose de différent, moins détestable. Nous ne sommes plus ce que nous sommes. Nous sommes devenus une image utile au système du marketing actuel.Peut-être le profil de nos fantômes.

Mais celle que je note dans ces suggestions c’est une histoire actuelle, réelle.C’est la vie de deux jeunes amoureux qui veuillent d’autre.Une histoire d’amour irrésistible entre ciel et terre, sur les câbles du réseau net, sur les flux UMTS des mobiles,par nombreux courriers électroniques. Voyages entre la France et l’Italie. Une histoire d’amour, une histoire de deux biographies modernes et anciennes en même temps. Anciennes comme un roman du XVII siècle, très actuelle parce que vécu à la vitesse de la lumière de notre aujourd’hui. C’est l’histoire de deux jeunes âmes de notre temps présent, c’est l’histoire de Fanfan et Pierre.

Qui est-elle Fanfan, qui est-il Pierre? Fanfan a 19 ans, étudiante en sciences mathématiques, elle joue au piano.Fanfan a deux yeux noirs,elle est mince, une taille fine, cheveux d’ange,italienne,un charme de fille de plaine. Quand Fanfan se promène, ses pas sont si légers qu’elle semble jamais toucher par terre. Encore, Fanfan ressemble dans une manière stupéfiante à une autre musicienne, Hélène Grimaud son héroïne. Pierre est plus âgé que Fanfan, il a 28 ans, français,il étudie économie éthique,il écrit sans grandes illusions, il rêve Fanfan tout le temps… encore, il vit à Paris. Catholiques les deux, pèlerins de l’absolu, ils ont toujours eu le besoin de vivre leurs vies avec cruelle cohérence et, faire coïncider par millimétrique précision, clarté intellectuelle et la pratique existentielle. Ils sont deux âmes en recherche, agitateurs d’idées, mais pas pour ça abstraits dans leur manière de vivre, atemporels, en dehors de leur temps. Passionnés les deux de la musique classique, mélomanes les deux, Pierre a connu Fanfan pendant un erasmus universitaire en Italie.Les deux aiment encore les textes de Maurice Bellet, philosophe et théologien à l’Université Catholique de Paris et, en connaissant personnellement l’enseignant, Pierre et Fanfan participent au forum de l’auteur par le net.Malgré le jeune âge de Fanfan et Pierre, les deux vivent sereinement leur dimension temporelle, mais sans la myopie de qui est trop immergée directement dans les problèmes du présent et perd la vision du futur. Les deux, ils se répètent toujours non habemus hic manentem civitatem (nous n’avons pas ici notre citoyenneté permanente). Quand ils se rencontrent, leur commencement a des charmes inexprimables. Ils savent que l’amour n’est pas une marchandise. C’est un projet de vie, engagement authentique,fonction sociale, acte de foi certain, confiance dans l’autre biographie pour parcourir le trottoir étroit de la vie.

 

Les deux ont les mêmes coordonnées pour ce qui concerne le chemin intérieur et intellectuel.Ils ont le même rêve, la même vision de la vie: aimer la personne élue, partager la propre biographie avec l’autre biographie, l’amour absolu, être éternels ensemble. Fanfan dit à Pierre: “cherche-moi en toi, comme ton tu. Cherche-moi en toi, cherche-moi donc comme tu es. C’est toi qui me cherches et c’est toi qui me trouves non comme un autre, mais comme un tu dans l’intimité de ton être. Cherche-moi en toi comme ton tu plus profond.Tu ne peux plus te chercher dans les choses. Tu ne peux pas non plus et seulement te chercher dans une idée transcendante. Tu dois te chercher en moi et cela te permettra d’être ce que tu es. Tu dois te chercher en me cherchant”.Si une moitié de Pierre, de sa part, désirait que cela ne se produise pas, l’autre moitié le désirait ardemment. L’amour pas encore vécu, trop et tant attendu, était là. Long fut le silence qui gèle le son d’une phrase très redoutée ou très désirée, pour le meilleur ou pour le pire, tandis que le cerveau se tait,que le corps reste paralysé, que ne peuvent bouger ni les bras, ni les jambes, ni la tête, ni la langue; il n’y a que le coeur qui bat. Puis, des profondeurs d’une volonté retrouvée, nait une impulsion dont on ne saura jamais ce qu’elle est. Fanfan était là ! C’est qui est cruel dans l’amour, c’est que d’habitude on est touché au moment où l’on croit s’en être tiré; dès qu’on se distrait, ou que l’on se sent en sécurité, la balle arrive.Pierre, dans un souffle de voix,murmure: “j’ai été seul si longtemps. Je ne veux plus être seul. Le temps m’appartient avec toi. Il faudra bien que je t’aime pour toujours. Nous sommes deux pèlerins, mais faire un pèlerinage n’est pas voyager vers une destination connue,encore moins faire une excursion touristique à la recherche de sensations exotiques. T’aimer et partager nos vies c’est se mettre en chemin vers l’aventure risquée de l’être et du non-être. Moi aussi, je chercherai ton tu plus profond”.

Le sentiment de Pierre et Fanfan est encore aujourd’hui un amour fait des mots, beaucoup de mots, regards timides, petits baisers, projets. De tendresse et gentillesse, de respect très haut,de l’orgueil qui vibre quand ils se promènent main dans la main. De comme c’est beau aussi se rendre compte que quelqu’un sourit en le regardant. Ils ont librement choisi l’abstinence et la chasteté.Et quand je repose la question du choix, ils me répondent avec des vers de Albert Camus et pas par des mots d’un théologien:“la sexualité ne mène à rien.Elle n’est pas immorale mais elle est improductive. Mais seule la chasteté est liée à un progrès personnel.” Ils aiment dans une manière têtue, je dirais presque en direction contraire et obstiné pour l’air sentimental de notre temps actuel.En deux ans ils ont brûlé 1000 shorts message, 500 messages par courrier électronique c’est-à-dire plus de 100 mégaoctets formatés en mots, équivalents à deux-mille lettres interligne zéro, 150 lettres anciennes, 55 cartes postales. Pierre et Fanfan dans leurs mobiles gardent encore tous leurs shorts message. Dont de deux de ceux-ci je suis resté stupéfait, les vers de Nazim Hikmet, titrés 1942 que Pierre a envoyé à Fanfan: “Le plus beau des mers, il est ce qui ne naviguâmes pas.Le plus beau de nos fils, il n’est pas encore grandi.Le plus beau de nos jours,nous ne les avons pas encore vécus. Et ce que je voudrais te dire de plus beau,je ne te l’ai pas encore dit.

L’autre de Fanfan, les vers de l’écrivain italien Erri De Luca,titrés J’attache de la valeur:
J’attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, la fraise, la mouche.
J’attache de la valeur au règne animal et à la république des étoiles.
J’attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au sourire involontaire, à la fatigue de celui qui ne s’est pas épargné, à deux vieux qui s’aiment.
J’attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd’hui vaut encore peu de choses.
J’attache de la valeur à toutes les blessures.
J’attache de la valeur à économiser l’eau, à réparer une paire de souliers, à se taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de s’assoir, à éprouver de la gratitude sans se souvenir de quoi.
J’attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive.
J’attache de la valeur au voyage vagabond, à la clôture de la moniale, à la patience du condamné quel que soit sa faute.
J’attache de la valeur à l’usage du verbe aimer et à l’hypothèse qu’il existe un créateur.
Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.”

En deux ans Pierre et Fanfan ont voyagé entre la France et l’Italie plusieurs fois, plusieurs fois ils se sont promenés dans les beaux jardins anciens de deux Pays toujours main dans main, toujours les doigts de Fanfan ont cherché et serré les doigts de Pierre pour lui dire qu’il n’est pas seul et son visage, chaque fois, s’est illuminé en disant : “je sais. C’est beau de vivre ensemble le défi”. Encore aujourd’hui ce jeune couple est un ciel bleu, un émail bleu.Ils s’aiment comme ils se sont aimé deux amoureux au 18eme siècle avec le même sentiment de désespoir et frustration quand l’un n’écrit pas à Fanfan ou elle reçois en retard nouvelles de Pierre.La technologie cette fois n’a pas été un média mécanisé ou inhumain.

Pourquoi écrire leur histoire? Parce que c’est difficile de vieillir sans une cause.

 

Antonio Torrenzano

 

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