La rencontre et la conversation avec Alain Touraine, Directeur d’Etudes à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, a eu lieu au mois de mars 2007 auprès de la librairie des femmes de Milan. Alain Touraine est docteur honoris causa des Universités de Cochabamba (1984), Genève (1988), Montréal (1990), Louvain-la-Neuve (1992), La Paz (1995), Bologne (1995), Mexico (1996), Santiago (1996), Québec (1997), Córdoba (Argentine, 2000).
Antonio Torrenzano.Nombreaux sociologues croient que les mots “acteur social” ou “sujet social” soient des idées dépassées et obsolètes pour analyser notre temps présent. Je crois,en revanche, que dans cette négation s’exprime une approche qui empêche de comprendre tout ce qui arrive dans la société et, dans son importante partie, qui est représentée par les femmes.
Alain Touraine. Il s’agit d’une vision semblable à celle-là qui s’imposait quand on niait qu’une conscience ouvrière existât en soutenant qu’elle n’était pas autre que la conséquence de la soumission totale des travailleurs au capitalisme.Pour démentir cette subaltérité et pour relever l’autonomie de la classe ouvrière, je suis allé à écouter et à relever ses formes d’expression dans les endroits de travail (usines,mines, chaînes de montage). À la même manière, pour connaître la pensée et le vécu des femmes, je suis allé encore une fois sur le terrain à voir.J’ai adopté une méthode peu utilisée en redécouvrant ce que les femmes pensent,elles font. Leur pensée est différente, pour ne pas dire opposée, de ce que les médias déclarent, disent ou elles fassent. J’ai écouté femmes différentes entre eux et des attentions particulières nous l’avons réservé aux femmes musulmanes qui se sont concrétisées après dans un travail de recherche complémentaire. Quand nous avons demandé à celles, que nous avons rencontrées, de se présenter: toutes ont dit, comme première chose, d’être femmes en déclarant comme leur objectif principal fosses ce de se constituer comme sujet.Entre les buts de ma recherche il n’y avait pas ce de parler des femmes,mais ce de montrer surtout que les femmes sont créatrices d’une nouvelle culture et, en second lieu, de définir la nature historique et sociale du renversement qui propose. Les femmes, en agissant comme actrices sociales, ils mettent en évidence leurs objectifs, les conflits qui les intéressent et le désir d’être sujets sociaux de leur existence.
Je suis une femme: cette la réponse de toutes au début de chaque entretien. Cette affirmation n’était pas seulement la réponse à une question, mais elle était la définition d’une donnée de fait affirmée avec un ton qui excluait la possibilité de se définir de manière différente (par exemple comme victimes, même si beaucoup d’eux avaient subi violence et injustices). Une donnée de fait et, ensemble, une volonté d’être qu’il met au centre de la vie un déterminé rapport avec soi-même,la construction d’une image de soi comme femme. L’indicatif présent “je suis”, il n’approuve ni il refuse aucune interprétation. On ne peut pas le classifier ni en bas ni en haut. Ni à droite ni à gauche. Il n’est ni à faveur ni contre. Mon départ a été l’expérience des actrices interrogées sans d’autres abstractions. Je suis une femme signifie qu’autour à mon identité se construisent mes comportements et se coagulent mes jugements qui sont prouvés s’ils renforcent ma conscience d’être surtout une Femme et, négatifs, quand ils la cachent. Être femme est une affirmation primaire qui confère un signe prioritaire au rapport avec soi-même respect à ce avec l’autre, c’est-à-dire avec l’homme.Être femme pour celles que nous avons écouté, il signifie qu’elles existent avant tout à travers soi-même et pour soi-même et, tout cela, il vaut aussi pour celles qui sont conscientes de se trouver dans une condition de dépendance.Les interviewées n’ont pas quelques-uns doute sur la différence biologique et sur le différent rôle déroulé par les hommes et les femmes,elles affirment que central il est la subjectivité. Il ne s’agit pas de défendre la féminité comme un ensemble de comportements typiques des femmes et distingués par ceux des hommes, il s’agit d’avoir au centre de propres intérêts, un rapport créateur avec soi-même.
Antonio Torrenzano. Les femmes d’aujourd’hui quoi entendent-elles, quoi veulent-elles respect aux féministes d’hier?
Alain Touraine.Ces femmes, qui sont souvent critiques vis-à-vis des féministes, elles vivent dans une société qu’elle a été vraiment transformée du féminisme. Comme le mouvement ouvrier qu’on a pu développer seulement quand les ouvriers se sont mobilisés pour la propre autonomie; l’affirmation et la prise de conscience, en sens positif, d’être femme a permis de devenir à toutes les femmes d’héroïnes de la propre vie.L’affirmation du soi comme actrice sociale dans la société contemporaine refuse la conception basée sur le manque, sur l’aliénation, sur l’incapacité. Les femmes d’aujourd’hui manifestent une certaine irritation vers le féminisme qui semble à toutes elles complètement intégré dans le monde politique.Il est aussi évident que la dénonciation vague ou généralisée du pouvoir masculin, c’est très différente de l’affirmation d’une conscience du soi.Je veux encore insister sur cet échange de perspective que l’affirmation je suis une femme porte avec soi-même, un échange qui ne concerne pas seulement quelques-unes, mais toutes. Je suis une femme, dans son évidence, c’est l’affirmation radicale de cette conquête de la subjectivité de la part des femmes. Dans le passé, quelques théologiens doutaient même que les femmes eussent une âme,aujourd’hui les femmes sont conscientes d’être actrices morales, libres, responsables.
Antonio Torrenzano. À une femme, je dois l’idée de culture,de l’unicité de toutes les histoires humaines, impossibles à répéter à chaque latitude et longitude. Que la vie est une résistance continue. D’être infiniment délicat, jamais individualiste, à pas donner jamais rien pour escompté et à ne pas prévoir insignifiants sentiments.Que les paroles, circulantes comme sang dans le corps, portent oxygène, nourriture, renouvellement de la vie.
Alain Touraine.Je ne réussis pas à répondre à la question qui jaillit de sa constatation. Je suis une femme, il veut dire:j’ai le droit d’être,d’attribuer à cette affirmation le contenu choisi par moi. Ce choix c’est une preuve de ma liberté, de ma capacité de me définir moi-même, de me comporter et de me juger respect à moi même.Nous sommes devant à un nouveau mouvement culturel, à un événement de masse, qui franchit âge et classes sociales et qui fait allusion à un changement profond de notre culture. Il est évident que toutes les femmes interviewées n’ignorent pas les fonctions attribuées de la société à leur nature, mais l’identité qui affirme ce n’est pas seulement le refus de la domination sociale;elles affirment leur subjectivité sociale et, donc,la capacité de penser, agir, espérer pour soi-mêmes.Les femmes parlent peu des hommes ou, de toute façon, moins du prévu et elles tendent, de moins en moins, à pas se définir respect aux hommes en mettant l’accent sur la nécessité d’espaces et de moments séparés, pas mixtes. Les sujets de la différence, de l’égalité, du mélange ils suscitent encore passions et discussions, ils influencent les changements législatifs ou les obstacles qui s’opposent cette subjectivité sociale.La plus grande partie de discours féminine est progressiste. Elles critiquent l’inégalité, elles revendiquent le droit à la différence. Cette défense simultanée de l’égalité et de la différence il nous semble le coeur du féminisme.Nous aurions pu demander aux femmes de s’exprimer sur ces grands sujets, mais nous avons, par contre, laissé libres de nous parler de ce qu’elles voulaient en enregistrant une grande distance entre ces vieux débats et les discours d’aujourd’hui. Une distance que politiquement, elle va relevée. Quand nous les avons invitées à commenter l’opinion selon laquelle, en étant tous les êtres humains égaux , prendre des mesures exclusives pour les femmes j’équivaille à violer le fondement même de l’égalité, ils ont observé que l’inégalité traditionnelle est encore trop présente. Reconnaître la différence est, pour elles, nécessaire. Penser la dualité sexuelle, elles disent (selon la formule de Sylviane Agacinski), il exige qu’on reste dans la différence, sans la résoudre en pensant l’altérité sans prétendre à la réduire à la similitude ou à l’identité. Admettre que les gendres sont déterminés, il ne peut pas et il ne doit pas socialement porter au refus de la différence entre les sexes.
Antonio Torrenzano.Je crois que cette constatation est importante pour les femmes, mais aussi pour la pensée sociologique. Aujourd’hui, l’analyse sociologique a le devoir de se libérer de la vieille conception qui portait à expliquer les comportements individuels et collectifs seulement à travers l’organisation sociale, économique et politique.
Alain Touraine.Bien que ce devoir soit ingrat, je chercherai, donc, de fournir une réponse sur la nature de cette conscience du soi-meme.La “femme reproductrice”, la “femme repose du guerrier”, la “femme éducatrice des fils”, la “femme agent publicitaire qui expose le propre corps” détruit la conscience qui ont les femmes du soi-même au tel point qu’il est très difficile d’apercevoir dans ces illustrations le désir d’une volonté d’affirmation.La conscience du soi-même comme sujet, c’est -avant tout- un dispositif de protection contre le système dominant. Le temps des femmes est maintenant venu pas parce qu’elles se sont simplement libérées, mais si jamais, parce qu’elles ont une nouvelle culture qui peut transformer la vie et les dispositions de tous. Aussi des hommes.Le sens de la vie donné par les femmes s’adresse pas vers le plaisir ou la consommation.Aujourd’hui, la grande seule idée possible dans notre société de conquête est de réintégrer ce qui a été divisé, de réunir ce qui a été polarisé. Aux femmes, en particulier, que c’étaient une catégorie pour excellence dominée, privée de subjectivité, il intéresse reconstruire une société plus humaine et intégrée et, qui ne se base pas, sur la logique de la machine à vapeur.Elles ont cette conscience d’avoir une vision du monde, de la vie… et sans aucune agressivité.
Antonio Torrenzano