Conversation avec Serge Latouche, économiste et philosophe, professeur émérite à l’Université Paris Sud, spécialiste de l’épistémologie des sciences sociales, défenseur de la décroissance soutenable. Il est l’auteur de nombreux ouvrages traduits en plusieurs langues étrangères. Il est auteur des nombreux essais, dont «Le pari de la décroissance», Paris, éd. Fayard,2007; «Survivre au développement»,Paris, édition Mille et Une Nuit, 2004;«Décoloniser l’imaginaire»,Paris, édition Paragon, 2003; «La Déraison de la raison économique»,Paris, édition. Albin Michel, 2001; «La mégamachine. Raison techno scientifique, raison économique et mythe du progrès», Paris, La Découverte, 1995. Avec Antonio Torrenzano, «Immaginare il nuovo. Mutamenti sociali, globalizzazione, interdipendenza Nord-Sud»,Turin, L’Harmattan Italie, 2000 (essai en langue italienne). Le dialogue a eu lieu à Bologne.
Antonio Torrenzano. La crise financière déchaînée par l’effondrement de Wall Street en quelle manière elle frappera le Continent africain? Lesquels, au contraire, pourront-ils être des possibles aspects positifs?
Serge Latouche. L’effondrement présent des bourses financières a été causé par un manque de liquidité du secteur financier, mais aussi par le mensonge dicte aux consommateurs américains qui pouvaient consommer ce qui n’avait pas encore produit au pacte qu’il le produisît dans les ans suivants. De cette manière, le fil de la croissance économique a été tiré à la limite jusqu’à la crise d’aujourd’hui. Pour le Continent africain, il y a différents facteurs à prendre en considération. Le premier, c’est qu’une très bonne partie des Pays africains ils dépendent des aides extérieures. Dans plusieurs États, les aides économiques constituent le 40% du bilan d’État. Les aides au développement, donc, diminueront sensiblement. Il a été un bien que l’Afrique ne soit pas tombée dans le piège financier, mais il serait difficilement pu arriver le contraire. Les banques africaines n’auraient pas eu la capacité, de toute façon, à gérer des titres financiers complexes comme ceux-là dérivés par les subprimes. Cependant, les gros investisseurs tiendront difficilement longtemps leur argent arrêté et, en Afrique, il y a secteurs de l’économie affamés des capitaux qu’ils peuvent garantir des gains à brève durée pour ceux qui connaissent bien le milieu africain.
Antonio Torrenzano. Dans votre réponse précédente, vous parliez du retard du système financier du continent. Pourquoi ?
Serge Latouche. Le retard des instruments financiers en Afrique, c’est un problème qu’il devra être affronté dans le sens le plus éthique de la parole. Dans le Continent africain, les individus tiennent encore leurs épargnes sous le coussin. Le manque de liquidité est donné par une culture traditionnelle peu encline à s’endetter, mais aussi d’expériences passées détestables. Certains instituts de crédit sont en train de tenter de faire des pas en avant, en mélangeant de formes de prêts traditionnels aux bancaires, surtout dans le secteur du micro crédit. Mais, les instituts africains sont de banques principalement d’épargne ou d’investissement à brève limite dans des secteurs à risque zéro. Obtenir un prêt pour une activité industrielle, il est très difficile par exemple et il faut toujours recourir à l’État.
Antonio Torrenzano. Est-ce que vous pouvez nous illustrer des exemples ?
Serge Latouche. Le marché immobilier dans quelques pays africains ou le secteur énergétique au Ghana. La découverte du pétrole a attiré dans ces Pays beaucoup de multinationaux et investir maintenant dans ce secteur pourrait se révéler une affaire. Certains analystes croient que le retard du système financier africain a permis au Continent de ne pas tomber dans le piège des titres ordures de Wall Street.
Antonio Torrenzano