ActualitéBlogrollWeblogs

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a pris la décision d’instituer une «équipe d’enquêteurs» afin de recueillir des éléments de preuve en Iraq d’actes susceptibles de constituer des crimes de guerre, «des crimes contre l’humanité et des crimes de génocide perpétrés par le groupe terroriste» de l’État islamique (Daech). Par la résolution 2379, le Conseil de sécurité des Nations Unies a en outre chargé le Conseiller spécial d’encourager «dans le monde entier» le lancement de poursuites pour les crimes de Daech et de travailler aux côtés des survivants, «pour que soient pleinement reconnus leurs intérêts».

L’Équipe d’enquêteurs devra agir dans le respect de la souveraineté de l’Iraq et de sa compétence concernant les infractions commises sur son territoire par DAECH, tandis que des juges d’instruction iraquiens devront être nommés pour travailler aux côtés d’experts internationaux «sur un pied d’égalité». Le Conseil de l’ONU a précisé même que les preuves devront être utilisées dans le cadre de procédures pénales «justes et indépendantes» menées par des tribunaux compétents à l’échelle nationale, «les autorités iraquiennes étant les premiers destinataires de ces preuves». L’Équipe devra être impartiale, indépendante et crédible et agir conformément à son mandat.

Le Conseil de sécurité a aussi souligné que tout autre État membre de l’ONU pourra demander à l’Équipe de recueillir des éléments de preuve sur des crimes similaires commis par DAECH sur son territoire. Le Conseiller spécial devra achever le premier rapport sur les activités de l’Équipe dans les 90 jours suivant la date à laquelle elle commencera ses activités.

Antonio Torrenzano

ActualitéBlogrollWeblogs

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies, Stephen O’Brien, a de nouveau exhorté le Conseil de sécurité à tout tenter pour que la population syrienne cesse de «payer le prix d’un échec politique et diplomatique». S’exprimant pour la dernière fois devant le Conseil de sécurité en sa qualité de Secrétaire général adjoint, Stephen O’Brien, a regretté qu’aucun moyen n’ait été trouvé pour mettre fin aux souffrances de millions de personnes en Syrie et à la situation humanitaire précaire au Moyen-Orient.

Stephen O’Brien a énuméré 27 rapports du Secrétaire général ONU soumis au Conseil de sécurité depuis sa prise de fonctions en juin 2015, ainsi que 55 comptes rendus qu’il a présentés devant le Conseil, dont 30 mémorandums sur la Syrie. « Le Conseil de sécurité connaît tous les détails des conséquences meurtrières du conflit syrien », a-t-il ajouté.

« Séance après séance, nous avons décrit les destructions dans le détail », a rappelé Stephen O’Brien, en regrettant cependant qu’aucune responsabilité n’ait été dégagée concernant les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. «Personne ne peut échapper à sa part de honte », a-t-il dit, en soulignant que 500.000 Syriens avaient été tués dans ce conflit, sans parler des millions de blessés et de déplacés.

Le Secrétaire général adjoint a lancé un «dernier appel» aux membres du Conseil pour qu’ils retournent la situation «de toute urgence» devant la Cour pénale internationale, les invitant aussi à apporter leur plein soutien au mécanisme international, impartial et indépendant, chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en Syrie.

Antonio Torrenzano

 

ActualitéBlogrollWeblogs

crimes_contre_humanité_daech_imageL’État islamique pourrait avoir commis des crimes internationaux abominables en Irak selon le nouveau rapport publié jeudi 19 mars par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Le compte rendu, qui a été mis noir sur blanc par une équipe d’enquête envoyée dans la région par le Commissariat onusien à la fin de l’année dernière, s’appuie sur des entretiens approfondis de plus de 100 personnes qui ont été les témoins d’attaques en Iraq ou qui ont survécu à ces attaques entre le mois de juin 2014 et février 2015.

Le mémorandum documente un éventail de violations commises par l’État islamique contre de nombreux groupes ethniques et religieux en Iraq, dont certaines pourraient constituer un génocide. Le schéma manifeste des attaques contre les Yézidis – a déclaré le rapport – il suggère fortement que l’État islamique pourrait avoir perpétré un ethnocide. Dans certains cas, souligne de même le texte, «des villages ont été entièrement vidés de leurs populations yézidies». Dans de nombreux villages yézidis, la population a été regroupée. Les hommes et garçons de plus de 14 ans ont été séparés des femmes et des filles. Les hommes ont été emmenés plus loin et abattus par Daech, tandis que les femmes étaient enlevées comme «butin de guerre».

Le rapport, demandé par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à l’initiative du gouvernement iraquien, spécifie le meurtre brutal et ciblé de centaines d’hommes et garçons yézidis dans les plaines de Ninive en août dernier. Les femmes et des filles yézidies échappées à la mort, elles ont décrit d’avoir été vendues ou remises en «cadeau» à des membres de groupe terroriste. Des témoins ont entendu des filles, d’à peine six et neuf ans, appeler à l’aide alors qu’elles se faisaient violer dans une maison utilisée par les combattants du Daech. Un témoin a décrit l’histoire de deux membres de l’EIIL assis en train de rire, alors que deux jeunes filles étaient violées dans la pièce voisine. Une femme enceinte, violée à plusieurs reprises par un “docteur-bourreau” de l’EIIL pendant deux mois et demi, a déclaré qu’il s’asseyait de manière intentionnelle sur son ventre afin de donner la mort au bébé, car c’était un infidèle. Des survivants ont dit à l’équipe des Nations Unies d’avoir été sauvés par les corps d’autres personnes tombées sur eux. Mais, un traitement brutal a été infligé par l’État islamique également à d’autres groupes ethniques, dont les chiites, les chrétiens, kurdes, mandéens, sabéens et turkmènes. Le rapport documente des abus généralisés, dont des meurtres, tortures, viols, esclavage sexuel, conversions forcées, enrôlement des enfants. Tous ces abus, indique-t-il, pourraient constituer des violations du droit international des droits de l’homme et du droit humanitaire.

L’équipe d’enquête a aussi reçu des informations par de multiples sources qui affirment que des forces de sécurité iraquiennes avaient commis de graves violations des droits de l’homme lors de leurs opérations de contre-offensive contre l’organisation terroriste. Selon le rapport, au cours de l’automne 2014 et alors que la campagne militaire contre l’EIIL progressait, des milices semblaient opérer en toute impunité, laissant un cortège de morts et de destruction derrière elles. Le mémorandum met aussi en évidence le fait que depuis la chute de Mossoul en juin dernier, la distinction entre les forces gouvernementales iraquiennes régulières et irrégulières est devenue de plus en plus floue. Il suggère que, bien que des informations supplémentaires sur le lien entre les milices et le gouvernement soient nécessaires, des incidents indiquent, à tout le moins, l’incapacité du gouvernement à protéger les personnes sous sa juridiction. Le rapport revendique par le Conseil des droits de l’homme d’exhorter le Conseil de sécurité de l’ONU à traiter avec le maximum d’analyse ces crimes contre l’humanité et de porter la situation en Iraq devant la Cour pénale internationale.

Antonio Torrenzano

 

ActualitéBlogrollWeblogs

assyrian_mural_sculptures_baghdad_museumLe secrétaire des Nations Unies, Ban Ki-moon a condamné ce vendredi la destruction du site archéologique de la ville de Nimrud en Iraq en qualifiant l’action d’un crime de guerre. En effet, en vertu des statuts de Rome de la Cour Pénale Internationale, la destruction délibérée du patrimoine culturel est un crime de guerre. La ville de Nimrud, fondée il y a plus de 3300 ans, était une capitale de l’empire assyrien, dont les fresques, les palais et les œuvres sont célèbres dans le monde entier, dans la littérature et  dans les textes sacrés.

De sa part, la directrice de l’UNESCO a déclaré que «cette nouvelle attaque contre le peuple iraquien rappelle que le nettoyage culturel qui sévit en Iraq n’épargne rien ni personne : il étrangle les vies humaines, les minorités et s’accompagne de la destruction systématique du patrimoine millénaire de l’humanité». Irina Bokova a encore ajouté : «Nous ne pouvons pas rester silencieux. La destruction délibérée du patrimoine culturel constitue un crime de guerre, et j’en appelle à tous les responsables politiques et religieux de la région à se lever contre cette nouvelle barbarie et rappeler qu’il n’y a aucune justification politique ou religieuse à la destruction du patrimoine culturel de l’humanité ».

De même, l’UNESCO est déterminée à tout mettre en œuvre pour documenter et protéger le patrimoine de l’Iraq et enrayer la lutte contre la circulation illicite des objets culturels pour stopper le financement au terrorisme. Pour lutter contre ce trafic illicite, l’UNESCO est déjà en contact avec l’Organisation mondiale des douanes,l’ Interpol et le Conseil international des musées afin de ne pas tolérer la vente illicite des objets du patrimoine iraquien.

L’enjeu est la survie de la culture et de la société iraquienne, mais aussi la Mémoire Historique de l’Humanité.

Antonio Torrenzano