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elezione_campagna_assad_imageLes électeurs syriens ont commencé à voter en vue de la présidentielle du 3 juin prochain déjà de mercredi 28 mai. L’ambassade syrienne du Liban, l’une des 43 chancelleries à avoir mis en place un bureau de vote, a été prise d’assaut par des milliers de syriens, au point de créer des perturbations dans la capitale libanaise. «Nous sommes là pour les élections. Nous espérons voir plus de réformes et nous choisirons un président qui sera un bon chef pour le pays», affirmait Haji Hussein, un réfugié syrien originaire de Damas.

 

Selon le Ministère syrien des Affaires étrangères, 40.000 citoyens étaient inscrits sur ces listes au Liban, qui accueille plus d’un million de réfugiés syriens. À Beyrouth, toutes les entrées de la ville étaient bloquées par des embouteillages. Sur le bulletin de vote figurent trois candidats, et Bachar el-Assad apparaît flanqué de figures politiques de second plan.

 

À Amman, en Jordanie, des centaines de Syriens faisaient également la queue devant leur ambassade située dans le quartier cossu d’Abdoun, dans l’ouest de la capitale, brandissant des drapeaux syriens. Une trentaine de militants, au contraire, scandaient des slogans anti-gouvernementaux et brandissaient des bannières proclamant notamment « non à l’élection sanglante et non à la réélection du meurtrier».

 

Toujours en Jordanie, le gouvernement a expulsé lundi 26 mai l’ambassadeur syrien à Amman, mais l’ambassade reste ouverte. Damas pourra nommer un nouvel ambassadeur, a indiqué le Ministère des Affaires étrangères jordanien, en soulignant que ce développement ne signifiait pas une rupture des relations diplomatiques entre les deux Pays. L’opposition syrienne qualifie ce scrutin de farce puisque cette élection se tiendra uniquement dans les régions tenues par le régime et par une loi qui exclue de facto toute candidature dissidente. L’Arabie Saoudite, le Qatar, la France, le Royaume-Uni ou la Turquie ont interdit le vote sur leur territoire.

 

Antonio Torrenzano

 

 

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syrie_refugies_onu_imageConversation avec Frédéric Pichon, chercheur associé à l’institut Monde Arabe Méditerranée de l’université François-Rabelais de Tours. Il vient de publier un livre consacré au conflit syrien : «Syrie, pourquoi l’Occident s’est trompé.» aux éditions du Rocher, 2014. Pour l’auteur, l’élection présidentielle en Syrie du 3 juin ne manque pas d’intérêt.

Bruno Besson. Pourquoi cette élection en pleine guerre ?

 

Frédéric Pichon. Cela résulte de la modification de la Constitution syrienne en 2012. Il y a plusieurs candidats, mais, évidemment, personne n’est dupe sur les chances des deux concurrents d’Assad. N’empêche, on peut estimer que la moitié des électeurs pourra voter, car si l’opposition contrôle la moitié du territoire, la majorité de la population est dans la zone sous contrôle gouvernemental. Quant au processus électoral lui-même, il faut arrêter l’hypocrisie : à Cuba, il n’y en a pas eu depuis soixante ans ! Quant aux pays du Golfe… »

 

Bruno Besson. Cela va changer quoi à la situation syrienne ?

 

Frédéric Pichon. Rien à la situation de la population tant que durera la guerre. Mais, sur le fond, Assad ayant tenu le choc, à l’occasion de cette élection, de plus en plus de ses opposants politiques, de guerre lasse, n’hésitent plus à dire publiquement qu’ils préfèrent désormais le régime aux djihadistes. Ensuite, Assad réélu, pourra se présenter aux yeux des démocraties comme leur allié dans la lutte contre le terrorisme, ce qui, il ne faut pas s’y tromper, lui donne une certaine légitimité : il vaut peut-être mieux traiter avec lui qu’avec ceux qui le combattent – et nous combattent au Mali – les armes à la main. Plusieurs pays l’ont compris et les mêmes rouvrent leurs ambassades (l’Union européenne n’a jamais fermé la sienne).

 

Bruno Besson. Assad notre allié contre le terrorisme, est-ce crédible ?

 

Frédéric Pichon. D’ores et déjà, mais évidemment sans publicité, la France ne traite plus tout à fait Assad comme au début de la guerre : d’ailleurs, un diplomate français fait maintenant, discrètement, la navette régulière entre Paris et Damas. Et quand Paris demande à Damas de l’aider à “traiter” le problème des djihadistes français en Syrie, Assad répond qu’il attend d’abord la réouverture de l’ambassade de France à Damas… Enfin, Paris n’ignore pas le rôle de ses amis qataris dans le recrutement et le financement du djihadisme (y compris français) en Syrie, confirmé par plusieurs sources, notamment des associations internationales de défense de droits de l’homme.

 

Bruno Besson

 

*Un particulier remerciement à la publication La Nouvelle République (http://www.lanouvellerepublique.fr/) pour l’entretien de Bruno Besson.

 

 

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cour_supreme_constitutionnelle_syrie_imageLa campagne électorale pour l’élection présidentielle en Syrie a commencé hier, dimanche matin, quand le Porte-parole de la Cour constitutionnelle suprême Majed Khadra a annoncé la liste finale des candidats pour le poste du nouveau président du Pays. Seulement trois candidats sur 24 personnes seront éligibles, c’est-à-dire Maher Abdel Hafiz Hajjar, Hassan Abdallah al-Nouri et Bachar Hafez al-Assad, a souligné le porte-parole en affirmant que cette annonce est considérée comme une notification aux candidats agréés pour commencer leur campagne électorale, à partir d’aujourd’hui.

 

Les groupes de l’opposition, à l’intérieur, comme à l’extérieur de la Syrie, ont critiqué la décision de tenir l’élection présidentielle pendant la guerre civile en cours insistant sur le fait que des millions de Syriens sont déplacés dans les pays voisins et n’ont pas accès aux besoins de première nécessité. Le président affrontera en particulier Maher al-Hajjar, un député indépendant longtemps membre du parti communiste, et Hassan al-Nouri, un homme d’affaires qui a été membre d’une formation de l’opposition tolérée par le pouvoir.

 

Le président al-Assad a placé sa campagne sous le slogan “ensemble” et il a déjà lancé une page facebook, un compte twitter et un compte instagram. Sa première vidéo de campagne électorale a été déjà diffusée. Dans le centre-ville de Damas, sous surveillance du régime, des dizaines d’affiches publicitaires et pancartes sont déjà apparues. Il s’agit théoriquement de la première élection présidentielle depuis plus de cinquante ans en Syrie du fait que Bachar al-Assad et son père Hafez avaient dirigé le pays d’une main de fer de 1970 à 2000. Les élections sont prévues pour le 3 juin.

 

Antonio Torrenzano

 

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syrie_scrutin_presidentiel_imageLe président Bachar al-Assad affrontera deux candidats à l’élection présidentielle du 3 juin. Les adversaires sont : Hassan Abdellah al-Nouri et Maher al-Hajjar. Pour cette élection, dont le résultat ne fait aucun doute, 24 postulants avaient fait acte de candidature. Une vingtaine de candidatures rejetées.

 

Le haut Tribunal constitutionnel a validé les candidatures de Maher al-Hajjar, de Hassan Abdellah al-Nouri et de Bachar Hafez al-Assad, selon l’ordre de la date des dépôts des candidatures, a déclaré le même président du tribunal Majed al-Khadra. Les autres candidatures ont été refusées, car elles étaient non conformes aux critères constitutionnels.

 

Abdellah al-Nouri est un homme d’affaires syrien, diplômé d’universités américaines et membre de l’opposition de l’intérieur tolérée par le régime. Selon la télévision d’État syrienne, le candidat al-Nouri est diplômé en gestion de l’Université de Damas, d’un magistère de l’Université du Wisconsin aux États-Unis et d’un doctorat en gestion et en développement de ressources humaines de l’Université John F. Kennedy en Californie. Maher al-Hajjar, né le 22 avril 1968, il est originaire de la ville d’Alep. Il est un député indépendant qui a longtemps été membre du parti communiste. Tous deux sont non connus au niveau international.

 

L’ONU avait vivement critiqué la décision de Damas de tenir cette élection présidentielle. Selon le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric : «une telle élection est incompatible avec l’esprit et la lettre du communiqué de Genève » pour une possible transition démocratique en Syrie.

Antonio Torrenzano

 

 

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confli_syrien_chaos_souffrance_imageL’élection présidentielle en Syrie se déroulera mardi 3 juin 2014. La consultation politique se déroulera uniquement dans les territoires contrôlés par le régime de Damas: 40% du territoire où vivent 60% de la population. Les autorités ont en outre interdit de voter aux réfugiés sortis illégalement du pays, selon la commission électorale. Pour l’opposition : rien n’a changé. Le système politique syrien demeure totalement corrompu et les résultats de cette nouvelle élection seront une nouvelle fois déterminée à l’avance. Le départ de Bachar El Assad reste la principale revendication de l’opposition qui lutte pour le renverser depuis trois ans. Certains pays occidentaux, au contraire, ont qualifié une parodie cette consultation puisque Bachar al-Assad devrait sans surprise remporter ce scrutin.

 

Le délai pour le dépôt des candidatures a expiré jeudi soir et les postulants seraient 24 au total, dont le président Bachar al-Assad qui devrait être réélu pour un troisième septennat. Le président de la Cour constitutionnelle syrienne, Adnane Zreik, a annoncé la clôture du délai du dépôt de candidatures. À cette heure, la Cour suprême aura jusqu’au 6 mai pour décider qui parmi les 24 candidats pourra être éligible. Toutefois, de 24 postulants resteront en lice seulement deux prétendants par rapport à Bachar al-Assad, car la loi électorale précise que les candidats doivent obtenir la signature de 35 députés. Or il n’y a que 89 députés indépendants sur les 250 parlementaires élus en 2012. Les autres 161 parlementaires appartiennent au parti Baas, parti au pouvoir depuis un demi-siècle avec le clan Assad.

 

Il s’agirait théoriquement de la première élection présidentielle depuis plus d’un demi-siècle. Parce que, depuis l’ascension du clan Assad en Syrie en 1970, avec Hafez al-Assad, père de Bachar, l’élection présidentielle en Syrie a été en réalité une simple proclamation du candidat unique. Porté au pouvoir en 2000 après la mort de son père, Bachar El Assad a été reconduit en 2007. Il a mené une brève ouverture politique jusqu’à l’éclatement de la révolte populaire en mars 2011 qui s’est transformée par la suite dans une guerre civile.

Antonio Torrenzano